St-Vigor-des-Mézerets et la famille de Clinchamps

Saint-Vigor-des-Mézerets appartient au XIIe siècle à la famille Le Boeuf, qui possède aussi Estry et le domaine de Cantelou, à La Roque. A la suite de diverses alliances, Saint-Vigor-des-Mézerets passe dans la famille de Clinchamps.


Moulin du Boeuf

L'existence du moulin est attestée dès le XIIe siècle. Edifié sur le fief de la famille Le Boeuf, le moulin est aujourd'hui le seul, avec le hameau, à conserver le nom. Il s'agit d'un moulin à eau seigneurial : les paysans y amenaient leur grain à moudre et payaient au meunier, agent seigneurial, la banalité exigée.


Le château des Mézerets

L'ancien château des Mézerets est très grossièrement construit. La plus grande partie du bâtiment paraît dater du XVIIe siècle. Cependant, quelques accolades et un linteau de fenêtre, portant des sculptures figurant un cordage, semble attester une fondation plus ancienne (XIIIe ou XIVe siècle). A l'intérieur du château, la grande salle du rez-de-chaussée, dans laquelle débouche la tourelle, conserve encore quelques boiseries du XVIIe.


Famille de Clinchamps
  • Philippe II de Clinchamps, seigneur des Mézerets, qui fut Vicomte de Vire, acquit en 1377, le fief Potier, l'un des quatre fiefs nobles aux XIVe et XVe siècles de la baronnie de Vassy. Ce fief resta dans la famille de Clinchamps pendant trois siècles.
    • Ce huitième de fief de chevalerie s'étendait sur la paroisse de la Chapelle-Engerbold. Mathilde de Vassy l'avait apporté à son mari Guillaume de Bray et leur petite-fille, épouse de Philippe de Briqueville, seigneur de Caligny, en hérita.
    • Le fief Potier ne devait à la baronnie de Vassy que foi et hommage, treizièmes et aides coutumières.

  • Vigor de Clinchamps, seigneur des Mézerets, et de la Chapelle-Engerbold était aussi seigneur d'Ailly, lorsqu'il fut tué à Azincourt le 25 octobre 1415 (lieu et date où l'armée française fut vaincue par les anglais sous les ordres de Henri V d'Angleterre. Cette défaite ouvrit largement la France à la conquête anglaise). Au cours de l'occupation anglaise qui suivit, la seigneurie d'Ailly qui relevait de la baronnie de Vassy, y fut incorporée. Elle constituait un huitième de fief, selon l'aveu de Charles de Rohan de 1417, un quart de fief selon l'aveu de Louis de Rohan du 28 juillet 1456 - dont dépendait la vavassorie des Aulnays - Neuf masures d'une contenance totale de 206 acres se partageaient les terres d'Ailly; l'une comptait 36 acres, cinq 8 acres ou un multiple de 8, trois 14 acres ou un multiple de 14.
    La vavassorie des Aulnays, à laquelle avait été rattaché le domaine non fieffé de la seigneurie d'Ailly, le droit de présentation à la troisième portion de la cure et le moulin à blé de la seigneurie, contait au XVe siècle 105 acres et quatre masures. Deux de ces masures contenaient 24 acres chacune: les deux autres devaient avoir une importance égale, mais aucun document n'en fait foi.

  • Philippe de Clinchamps fut seigneur des Mézerets en1463.

  • Jean de Clinchamps: En 1512, la deuxième portion de la Cure de Vassy étant vacante, le baron de Vassy, Jehan de Crouen le Jeune se trouva en compétition avec Jean de Clinchamps, seigneur des Mézerets, pour la présentation du successeur de Jehan de Crouen (père). Ce fut l'occasion d'un procès dont Jehan de Crouen ne vit pas la fin; il mourut en effet avant 1515, laissant comme héritiers des enfants mineurs, dont une fille Philippe qui allait devenir baronne de Vassy et épouser Guillaume Le Verrier.

  • Nicolas de Clinchamps fut seigneur du Theil vers la fin du XVIe, dont la famille possédait la seigneurie des Mézerets.

  • Il y a eu une époque, au XVe siècle, où la seigneurie d'Aqueville a dû passer à la maison de Clinchamps.

Patronage de l'église sur la cure de Vassy

Le patronage de la première portion de la cure appartenait aux barons de Vassy. La seconde portion leur appartenait également, si l'on s'en tient aux aveux de la Baronnie, mais en fait, depuis la mort de Berthaut de Bray qui avait laisser trois filles pour héritières, le droit de présentation à la deuxième portion de la cure était exercé à tour de rôle par les barons de Vassy, les seigneurs des Mézerets et ceux de Rully. Les d'Anfernet et les de Rohan, retenus loin de Vassy par leurs intérêts n'avaient pas protesté. Les choses en étaient là, lorsqu'en 1512 décéda à Vassy, Messire Étienne Le Cordier qui avait été appelé à la seconde portion de la Cure par le seigneur de Rully. Le seigneur des Mézerets, dont c'était le tour de présentation, désigna son frère Jean - mais le baron de Vassy Jean de Crouen le Jeune, résolu à défendre les droits de sa baronnie, demanda " collatio " pour Messire Guillaume de Malfilastre, frère de Nicolas, seigneur des Iles - Un procès était inévitable mais Jean de Crouen étant mort peu après, ne laissait que des enfants mineurs sous la tutelle de Jean de Chantalou, et ce dernier n'osa en courir les risques. Messire Jean de Clinchamps devint donc curé de la seconde portion et après son décès, en 1571, Philippe de Crouen, baronne de Vassy présenta Messire Guillaume Tirard. Les curés se succédèrent ainsi pendant un siècle encore suivant l'ordre de présentation alternatif sus-indiqué: Messire de Bordeaux, seigneur de Gourgueson de 1587 à 1600 - Messire Bertrand Rouxelin de 1600 à 1607 - Messire Godard, de 1607 à 1611 - Messire Jean Buot, de 1611 à 1643.
Au décès de ce dernier le tour de présentation revenait au seigneur des Mézerets, mais à cette époque les de Clinchamps étaient en déconfiture, leurs biens saisis, leur chartrier dispersé - l'héritier de la maison, Philippe, en état de minorité - L'occasion était bonne et Bernardin de Marguerie en profita. Il présenta à la seconde portion de la Cure son cousin Messire Charles Le Verrier et lorsque ce dernier devint Curé de la Première portion en 1647, la baronne de Vassy Esther Le Verrier présenta pour le remplacer Messire Noël Le Coiffier qui mourut en 1650.
Le droit présentation revenait à Jacques le Doulcet, seigneur de Rully, mais Esther Le Verrier le lui contesta par un argument inattendu. L'aveu rendu au Roi en 1487 par Louis de Rohan et aux termes duquel le droit de présenter à la première et à la deuxième portion de la Cure, appartenait aux barons de Vassy, avait été vérifié aux Assises de Vire en présence, de Bertrand Le Cordier, grand-père de Jacques le Doulcet - lequel n'avait fait alors ni protestation ni réserve, reconnaissant ainsi, au moins implicitement, la sincérité et l'exactitude de l'aveu - Jacques le Doulcet ne trouva rien à répondre et il s'inclina de bonne grâce. Messire Guillaume Tirard, présenté par Ester Le Verrier, devint donc curé de la seconde portion et il le resta jusqu'à sa mort en 1690.
La situation des de Clinchamps n'était pas encore éclaircie à cette date et le baron de Vassy en profita pour présenter Messire François Cassel qui mourut en 1725. A cette époque le nouveau seigneur des Mézerets, Messire Joseph Morin - puis en 1766 Messire Louis Charles de Baudran dont le père avait acquis la seigneurie des Mézerets en 1732, tentèrent vainement de récupérer le droit de présentation - il demeura désormais attaché à la baronnie.

Sergenterie

La sergenterie de Saint-Jean-le-Blanc qui existait depuis longtemps, l'on en trouve mention dès 1402, était composée de 25 paroisses: Saint-Jean-le-Blanc, Le Plessis, Campandré, Roucamps, Danvou, Montchauvet, Arclais, La Ferrière-du-Val, Lassy, La Rocque, Saint-Vigor-des-Mézerets, La Chapelle-Engerbold, Pontécoulant, Saint-Pierre-la-Vieille, Périgny, Lénault, La Villette, Cauville, Saint-Lambert, Culey, Clécy, Saint-Marc-d'Ouilly, Cahan, Mesnil-Hubert, Rouvrou.


Documentation fournie par Romuald ANGER.
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